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05/08/2012

Journaliste, supporter, ou un peu des deux?

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Nous sommes tous les Valérie Trierweiler du journalisme sportif. Voilà, avouons le une bonne fois pour toute qu’on en finisse avec les accusations fumeuses de franchouillardise ou d’excès de patriotisme. Suivre les Jeux olympiques, c’est aussi s’acoquiner avec les athlètes d’un pays, les supporter intérieurement et savourer une à une les médailles qu’ils récoltent. Ne nous en cachons pas, avant d’être journalistes, nous sommes tous passionnés de sport et de fait, supporters des athlètes d’un pays.

Un journaliste sportif qui affirme le contraire ne dit pas, à mon avis, la vérité. D’abord parce que la présence de la plupart d’entre nous à Londres dépend des performances des Français. Si aucun d’entre eux n’était qualifié, il n’y aurait sûrement pas 250 journalistes de presse écrite accrédités. Puis il y a le lecteur. Traiter les Jeux, c’est lui offrir une lucarne sur ce qu’il rêverait de voir à Londres, avec ses yeux de supporter français. On peut toujours le forcer à lire des sujets décalés, il reste le seul juge de notre travail, celui qui clique sur un article en ligne ou achète un journal. S’il aime voir les Français gagner, il faut savoir le raconter.

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Dans une interview aux Inrocks, le sociologue Michel Caillat s’indigne du traitement médiatique des Jeux en France. «On les appelle “journalistes”, mais ce sont des supporters. Vous avez vu quand ils interviewent les sportifs après un match? De purs moments de complicité indignes d’une carte de presse», écrit-il. Je comprends bien ce sentiment, mais dans les faits, il me semble qu’une petite dose d’empathie n’empêche en rien le journaliste de travailler correctement, s’il fait preuve d’honnêteté intellectuelle. Oui, on peut croiser les doigts pour que Teddy Riner gagne ses combats. Et oui, on peut aussi être intraitable dans un papier s’il fait n’importe quoi. Comme Michel Caillat le dit très justement un peu plus loin, «la passion n’empêche pas de prendre du recul.»

Car il y a quand même des limites à ne pas franchir. J’ai croisé au judo un journaliste géorgien, en survêtement, qui hurlait des consignes à un athlète. Le lendemain, en tribune de presse, c’est un Tunisien qui agitait un drapeau de son pays pendant le combat d’un autre judoka. Jusqu’à preuve du contraire, nous ne faisons pas partie d’un staff. Nous ne sommes qu’observateurs, en dépit de l’étiquette de «spécialistes» que certains se collent parfois. Ne l’oublions pas et essayons de rester à notre place.

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Allez, pour le plaisir, voici comment on a vécu la victoire de Mo Farah dans le studio de la BBC samedi soir.

R.S.

Crédits Photos: Sipa et Reuters

 
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